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15
2015

Des conseillers indépendants dénoncent le projet

Sherbrooke, dimanche le 12 avril 2015. – Ce dimanche matin, au Marché de la Gare, les conseillers municipaux indépendants Hélène Dauphinais, Pierre Tardif et Jean-François Rouleau, ont présenté leur opposition au projet d’acquisition du train Orford Express par la Ville de Sherbrooke.

« Au cours des dernières semaines, nous avons entendu plusieurs intervenants débattre du bien-fondé ou non de l’acquisition du train Orford Express par la Ville de Sherbrooke. Nous avons également été interpellés à plusieurs reprises par nos citoyens. Nous croyons donc qu’il est important de définir aujourd’hui clairement notre position », a d’entrée de jeu déclaré Pierre Tardif.

Une acquisition en contradiction avec l’esprit d’Entreprendre Sherbrooke

Dans un premier temps, les conseillers indépendants estiment primordial de se questionner s’il est du mandat de la Ville d’investir des fonds publics afin d’acquérir un train touristique. Pas plus tard que la semaine dernière, lors d’une allocution devant la Chambre de commerce de Sherbrooke, le maire Bernard Sévigny faisait l’éloge de son projet «Entreprendre Sherbrooke» et insistait sur la nécessité d’encourager l’entrepreneuriat sherbrookois, soit l’investissement privé. À cet effet, il affirmait : « Le modèle recherché passe par le développement sur l’ensemble du territoire d’une culture entrepreneuriale et l’émergence d’un écosystème entrepreneurial. Le succès de l’exercice dépend de l’implication des entrepreneurs eux-mêmes et de l’apport des partenaires du milieu ».

Le conseiller Jean-François Rouleau voit donc dans la volonté de la Ville d’acquérir le train une contradiction flagrante entre les actions et le discours du maire. « Soyons donc cohérents. Pourquoi ne pas commencer dès maintenant et laisser l’entreprise privée prendre sa place dans notre économie locale. La Ville, en faisant l’acquisition du train par l’entremise de la Société de transport de Sherbrooke (STS), n’irait-elle pas à l’encontre du développement de l’écosystème entrepreneurial souhaité par le maire? Il me semble qu’il est évident que oui », a-t-il soutenu.

Contexte non propice à une telle acquisition

Dans un contexte où l’on demande à tout le monde de faire un effort en raison de la situation budgétaire de la Ville, l’achat d’un train touristique est loin d’être une priorité selon les conseillers indépendants. Sans compter que selon les dirigeants de l’entreprise concernée, il s’agit d’une entreprise rentable qui sera administrée d’une façon ou d’une autre et qui n’est aucunement menacée de fermeture. « Souvenons-nous également que lorsque l’Orford Express avait décidé de quitter Sherbrooke, personne ne s’était manifesté pour le garder, on avait même décidé de transférer des sommes réservées pour le train vers la création d’une nouvelle exposition pour le Musée de l’eau. C’est un montant de près de 300 000 $ qui a déjà été dépensé », a  ajouté Jean-François Rouleau.

Un don à coût nul pour les Sherbrookoises et les Sherbrookois?

Disons les vraies choses : il est faux de prétendre qu’il s’agit d’un don et que l’opération se fera à coût nul pour les citoyens. En effet, il en coutera 1,1 million pour terminer les réparations du train, endommagé par un incendie en 2013. À cela s’ajouteront les coûts d’exploitation, de réparations, de promotion, de publicité et autres, qui seront à la charge de la STS. Et s’il s’avérait que les opérations soient déficitaires ? Ce sont encore les Sherbrookois qui risqueraient d’écoper.

« Nous tenons également à exprimer aux citoyens notre profond désaccord en ce qui concerne le processus d’acquisition lui-même. Nous ne sommes pas du tout à l’aise avec la gymnastique que la Ville doit faire d’abord pour justifier que l’achat et l’opération d’un train font partie de son mandat », a précisé Hélène Dauphinais. De plus, ils déplorent que la transaction s’élabore autour de l’utilisation de procédures qui permettront une réduction importante du fardeau fiscal du donateur. Ils font référence au don qui surviendra en deux temps, à cinq ans d’intervalle, pour profiter d’une déduction fiscale maximale. « Il est contre nos valeurs éthiques de donner notre accord à cette acquisition et d’en faire subir les conséquences à nos concitoyens », a conclu Mme Dauphinais.

 



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